C'est une habitude qu'on a prise dès 2019, presque par hasard. À l'époque, on ouvrait tout juste le salon et on servait un blanc de départ sans trop réfléchir, un truc de supermarché qui faisait le job. Un soir, un vigneron de Corent est passé avec deux bouteilles de sa récolte, et tout a changé. Le côtes-d'auvergne a cette particularité de n'être ni très connu ni très cher, mais d'avoir un caractère minéral qui réveille le palais sans l'écraser. Depuis, c'est toujours par là qu'on commence.
L'avantage d'un vin de départ franc, c'est qu'il donne le ton de la soirée. Il est servi à 6 °C, jamais plus froid, parce qu'en dessous on ne sent plus rien. Notre hôtesse en verse une rasade courte, on parle dix minutes, et c'est à ce moment-là que la conversation s'installe vraiment. Vous seriez surpris du nombre de gens qui arrivent tendus et qui rient au bout du deuxième verre, simplement parce qu'on prend le temps de leur expliquer ce qu'ils ont dans le verre.
Ensuite vient la vraie dégustation, six cuvées choisies en fonction de ce que vous nous avez raconté deux jours avant. On ne met jamais la même liste deux fois dans la même saison, c'est une règle qu'on s'est fixée et qu'on tient. Certains clients reviennent quatre fois par an et ne boivent jamais le même vin. C'est ce qui rend l'exercice intéressant pour nous aussi : on découvre, on se trompe parfois, on ajuste.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que cette soirée n'est pas un concours d'œnologie. Personne ne vous jugera si vous n'aimez pas un côtes-d'auvergne un peu trop tannique. Vous pouvez dire non, on retire le verre, on passe au suivant. L'objectif n'est pas de vous faire boire six verres pleins, mais de vous faire goûter six choses différentes dans un cadre où ça a du sens. Le reste de la nuit, le salon de jeux, le dîner, tout ça vient après et reste optionnel.